Le potager
Les oiseaux commençaient leur musique légère ;
Les arbres échangeaient les premiers hannetons ;
Et l'on voyait au loin passer une bergère
Qui gardait un troupeau de brume et de moutons.
Le gazon se baignait dans un bain de rosée ;
Le soleil se levait sur le jour d'aujourd'hui ;
Chaque feuille semblait, par le matin, rosée,
Et la fraîcheur d'hier dormait sur chaque fruit.
Dans une plate-bande à bordure d'oseille,
Majestueusement poussaient les artichauts ;
Sur le mur au-dessus d'un buisson de groseille,
Pendait le chasselas poudrerizé de chaux ;
S'échappant d'un carré de salade superbe,
Un légume parfois s'approchait d'une fleur
Car on voyait pousser, côte à côte dans l'herbe,
Des petits pois tout verts et des pois-de-senteur ;
Bedonnant doucement sous leur cloche de verre,
Les melons presque mûrs avaient de beaux tons roux ;
Des mouches bourdonnaient aux portes de la serre,
Et des papillons blancs voltigeaient sur les choux ;
Le vieux tonneau de bois, rempli d'une eau éteinte,
Rêvait : "Serais-je pas un ruisseau pour de bon ? "
Et, toujours peinte à neuf, la tendre coloquinte
Gémissait : " Ah ! cessez de me croire en carton ! "
On entendait au loin pépier l'alouette ;
Entre les noirs lauriers aux grâces de fuseaux
Se dissimulait mal l'informe silhouette
Du bonhomme en chiffons qui fait peur aux oiseaux.
Mais, comme il n'y avait dans l'heure enchanteresse
Personne encore et qu'on respirait du bonheur,
Tous les petits oiseaux piquaient d'une caresse
Le bonhomme en chiffons qui leur fait pas peur.
Ils disaient : " Tui ! tui ! tui ! très malins nous le sommes :
Nous fuirons tout à l'heure avec un grand effroi...
Mais tu es bien meilleur que tous les autres hommes,
Et, quand nous sommes seuls, nous venons tous sur toi ! "
Rosemonde Gérard Rostand
Le coquillage
Ronfle coquillage
Où l'on entend tout le bruit de la mer
Vague par vague,
Où l'on entend marcher les petits crabes
Où l'on entend mugir le vent amer.
Ronfle coquillage
Ah ! je revois tous les bateaux de bois,
Les voiles blanches
Claires comme un matin de beau dimanche
Ailes de la joie.
Ronfle coquillage !
En toi je retrouve les beaux jours vivants,
Où les mouettes claquaient au vent
Dans un grand ciel bleu gonflé de nuages,
De nuages blancs, signe du beau temps ! ...
Ronfle coquillage.
Maurice Fombeure
Analogie du Soleil
Il est le cœur de notre monde,
Une majesté qui trône dans le ciel,
Celui qui de lumière inonde
Les prés existentiels.
Qu'on le haïsse ou bien qu'on l'aime,
Qu'on l'insulte ou qu'on le prie,
Il ne cesse d'envoyer de même
Ses doux rayons dorés de vie.
Soyez comme le Soleil : pendant la pluie rayonnez,
Vous transmuterez la haine en arcs en ciel de vérité.
Les conflits sur la Terre ne l'empêchent de briller,
A tous, sans distinction, il continue de donner.
Le Soleil par ses apports permet la vie ;
Donnez, vous deviendrez comme lui,
Vous en serez grandis.
Sa lumière perçante chasse les ténèbres,
Et les sombres pensées dans les âmes funèbres.
Rayonnez d'Amour, vous créerez un paradis.
Mikaël Le Saint
Féerie estivale
Le rosier luxuriant et la mauve clématite
L'odorant chèvrefeuille à la robe safran
Escaladent les murs sur des échelles de bois
En déroulant au mur un décor vaporeux
Dans les plis de l'ample rideau de pourpre et d'or
Les jolies fleurs cascadent répandent leur parfum
Se fixent comme des lampes éclairant les façades
En mêlant leurs couleurs elles donnent de la gaieté
En mêlant leurs odeurs elles embaument l'été
Les fleurs arachnéennes avancent comme des lianes
Leurs tiges hélicoïdes s'enroulent à des rampes
Elles rampent se lovent s'enroulent se croisent en arceaux
Elles courent sur des fils en formant des ruisseaux
Et au bout de leur course retombent en avalanches.
Alain Hannecart
Bonheur partagé
Tu es mon chat, mon sphinx
Mon ami familier
Assis sur mes genoux
Tu aimes ronronner
Ce vibrato calmant
Qui vient à mon oreille
Dit ton contentement
Quand près de moi tu veilles
Chat si cher à mon cœur,
Ta beauté m'éblouit
Tes yeux qui sondent l'ombre
Ton museau délicat
Aux vibrantes moustaches
Ton poil de soie lustré
Qui brille sous ma main
Ton corps qui se blottit
Sur mes genoux-coussins
Ton esprit flotte là
Et vers moi s'évapore
Si je ferme les yeux
Je t'aperçois encore
Des ondes vont et viennent
De mon cœur à ton cœur
Mon tendre chat discret
Mon tendre chat bonheur...
Michèle Corti
1. lafianceedusoleil le 21-07-2026 à 22:23:02 (site)
Coucou ma douce et fidèle Holly,
ce sont de magnifiques textes que tu nous as offerts.
Merci ma belle.
Tes chats sont magnifiques. J'ai préféré le petit chaton, il est craquant.
Il fait plus frais, cela fait grand bien.
Je vais bien, je souhaite qu'il en est ainsi pour toi et les tiens.
Bonne fin de soirée et bon mercredi.
Gros bisou
Cricri
2. aufildelautomne le 22-07-2026 à 17:41:10 (site)
bonjour merci beaucoup de ton passage, très beau texte , ooh trop chou tes chats. Passe une bonne fin de journée
Commentaires