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Titre du blog :
Auteur : holly
Date de création : 23-10-2008
 
posté le 21-05-2026 à 19:04:23

GITANE

 


 

 À une jeune fille

En mai, lorsque la brise douce

Émaille les prés verts

Et berce dans leur lit de mousse

Les bluets entr'ouverts ;

Quand au sommet de chaque branche,

Une petite fleur

De sa fraîche corolle épanche

La suave senteur ;

L'âme murmure une prière

Vers le Maître éternel

Qui laisse tomber sur la terre

Un reflet de son ciel.

 Puis, quand vient la chaude journée,

La fleur au teint vermeil

Penche sa corolle fanée

Sous les feux du soleil.

Enfin lorsqu'elle tombe et passe,

Nous bénissons encor

Le Seigneur qui fait, à sa place,

Mûrit le beau fruit d'or.

Enfant, qui de la fleur nouvelle

Reflète la fraîcheur,

Bénis Dieu, puisqu'il te fit belle :

Mais, au fond de ton cœur,

Garde, mieux que la fleur brillante,

Ce précieux trésor,

La bonté qui te fait charmante :

C'est là le vrai fruit d'or.

Napoléon Legendre


 

Image d’Épingle Story 

Gitane

J'aime ton corps si beau, comme tes dents nacrées,

Ta chevelure d'or qui ondoie quand tu danses,

Les parfums odorants qui, sur ta peau ambrée,

Exaltent des senteurs quand tu joues en cadence.

 tes yeux, tes yeux si noirs, qui semblent si rêveurs,

Sont deux tisons brûlants quand y luit la colère.

Dans le creux de tes reins, s'écoule une rivière :

Un doux vin de Bohème où vacille mon cœur.

Tu marques le tempo du bout de ton pied fin,

En fredonnant, tout bas, un air mélancolique,

Voici que tourbillonne ta robe en satin,

Dévoilant, vaillamment, des jambes magnifiques.

Même lorsque tu vas, on dirait que tu voles

Comme le sable blond aux portes du désert

Et tes seins arrondis tout comme des corolles

Oscillent, mollement, aussi légers que l'air.

Les joues et l’œil en feu, tu danses souveraine,

T'accompagnant, ravie, au son du tambourin

Et ton rire moqueur qui fuse dans l'arène

Rebondit dans mon cœur apaisant mon chagrin.

Cypora Sebagh 

 

 

Rosette en mai

Au mois de mai, j'ai vu Rosette,

Et mon cœur a subi ses lois.

Que de caprices la coquette

M'a fait essuyer en six mois !

Pour lui rendre enfin la pareille,

J'appelle octobre à mon secours.

Au printemps, adieu la bouteille !

En automne, adieu les amours !

Je prends, quitte et reprend Adèle,

Sans façons comme sans regrets.

Au revoir, un jour me dit-elle ;

Elle revient longtemps après.

J'étais à chanter sous la treuille :

Ah ! dis-je, l'année a son cours.

Au printemps, adieu la bouteille !

En automne, adieu les amours !

Mais il est une enchanteresse

Qui change à son gré mes plaisirs.

Du vin elle excite l'ivresse,

Et maîtrise jusqu'aux désirs.

Pour elle ce n'est pas merveille

De troubler l'ordre de mes jours,

Au printemps avec la bouteille,

En automne avec les amours.

Pierre-Jean de Béranger