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Titre du blog :
Auteur : holly
Date de création : 23-10-2008
 
posté le 11-03-2026 à 11:24:07

Le Ravin aux coquelicots

 

 Bonjour à tous

je vient en ce jour vous déposer de jolie petit poême et vous dire que tout va bien je vous souhaite à tous de passer une très bonne journée ainsi qu'une très bonne semaine gros bisous à vous tous  

 

Mars

En mars, quand s'achève l'hiver,

Que la campagne renaissante

Ressemble à la convalescente

Dont le premier sourire est cher ;

 Quand l'azur, tout frileux encore,

Est de neige éparse mêlé,

Et que midi, frais et voilé,

Revêt une blancheur d'aurore ;

 Quand l'air doux dissout la torpeur

Des eaux qui se changeaient en marbres ;

Quand la feuille aux pointes des arbres

Suspend une verte vapeur ;

 Et quand la femme est deux fois belle,

Belle de la candeur du jour,

Et du réveil de notre amour

Où sa pudeur se renouvelle,

Oh ! Ne devrais-je pas saisir

Dans leur vol ces rares journées

Qui sont les matins des années

Et la jeunesse du désir ?

 Mais je les goûte avec tristesse ;

Tel un hibou, quand l'aube luit,

Roulant ses grands yeux pleins de nuit,

Craint la lumière qui les blesse,

 Tel, sortant du deuil hivernal,

J'ouvre de grands yeux encore ivres

Du songe obscur et vain des livres,

Et la nature me fait mal.

René François Sully Prudhomme 

 

 

 

 

 

Le ravin aux coquelicots

Dans un creux sauvage et muet

Qui n'est pas connu du bluet

Ni de la chèvre au pied fluet

Ni de personne,

Loin des sentiers des bourriquots,

Loin des bruits réveilleurs d'échos,

Un fouillis de coquelicots

Songe et frissonne.

 

Autour d'eux, d'horribles étangs

Ont des reflets inquiétants ;

À peine si, de temps en temps,

Un lézard bouge

Entre les genêts pleins d'effrois

Et les vieux buis amers et froids

Qui fourmillent sur les parois

Du ravin rouge.

 

Le ciel brillant comme un vitrail

N'épand qu'un jour de soupirail

Sur leurs lamettes de corail

Ensorcelées,

Mais dans la roche et le marais

Ils sont écarlates et frais

Comme leurs frères des forêts

Et des vallées.

 

Ils bruissent dans l'air léger

Sitôt que le temps va changer.

Au moindre aquilon passager

Qui les tapote,

Et se démènent tous si fort

Sous le terrible vent du Nord

Qu'on dirait du sang qui se tord

Et qui clapote.

 

En vain, descendant des plateaux

Et de la cime des coteaux,

Sur ces lumineux végétaux

L'ombre se vautre,

Dans un vol preste et hasardeux,

Des libellules deux à deux

Tournent et vibrent autour d'eux

L'une sur l'autre.

 

Frôlés des oiseaux rebâcheurs

Et des sidérales blancheurs,

Ils poussent là dans les fraîcheurs

Et les vertiges,

Aussi bien que dans les sillons ;

Et tous ces jolis vermillons

Tremblent comme des papillons

A bout des tiges.

 

Leur chaude couleur de brasier

Réjouit la ronce et l'osier ;

Et le reptile extasié,

L'arbre qui s'ouffre,

Les rochers noirs privés d'azur

Ont un air moins triste et moins dur

Quand ils peuvent se pencher sur

Ces fleurs du gouffre.

 

Les carmins et les incarnats,

La pourpre des assassinats,

Tous les rubis, tous les grenats

Luisent en elles ;

C'est pourquoi, par certains midis,

Leurs doux pétales attiédis

Sont le radieux paradis

Des coccinelles.

Maurice Rollinat